— note de terrain n° 7 —

Tricératops : cornes, collerette osseuse et vie à la fin du Crétacé

· 3 min · note de terrain

En quelques mots

Trois cornes, un bec et un bouclier osseux derrière la tête : même ceux qui confondent Jurassique et Crétacé reconnaissent le tricératops. Cet herbivore de 8 à 9 mètres vivait en Amérique du Nord à la toute fin du Crétacé, aux côtés du tyrannosaure. Son allure est bien connue. À quoi lui servaient ses cornes et sa collerette, comment il se comportait, voilà qui est moins sûr.

Reconstitution artistique d’un tricératops

Le voisin du tyrannosaure

Pour une fois, le duel du cinéma n’est pas une invention : le tricératops et le tyrannosaure vivaient bel et bien à la même époque et aux mêmes endroits. Leurs os reposent dans les mêmes dépôts, par exemple dans la formation de Hell Creek. Sur des os de tricératops, on trouve des marques de dents de tyrannosaure : ils figuraient donc au menu du prédateur.

Un tricératops adulte atteignait 8 à 9 mètres. Il marchait à quatre pattes, tranchait les plantes avec son bec et les broyait grâce à des dents serrées en rangées compactes. On s’attarde sur la célèbre tête et on oublie le reste, à tort : le corps était massif, à la mesure de l’armement.

Pourquoi des cornes et une collerette ?

Deux longues cornes au-dessus des yeux, une troisième sur le nez et, derrière, une collerette osseuse. Ses parents ont décliné la même idée autrement : le styracosaure, par exemple, a garni sa collerette de longues pointes.

Les cornes pouvaient servir à repousser un prédateur ou à affronter un rival, et une tête aussi voyante facilitait la communication entre congénères. Un combat pour la domination du troupeau ne se reconstitue pas à partir des os, mais sur la vie en groupe, on dispose de données. Dans le Wyoming, on a mis au jour au moins cinq tricératops morts ensemble, et l’analyse chimique de leurs dents a montré qu’ils fréquentaient les mêmes lieux. Comment ces groupes étaient organisés, on l’ignore.

Une famille à cornes

Les cératopsiens, le groupe du tricératops, n’ont pas toujours été des géants aux longues cornes. Le protocératops de Mongolie est bien plus petit et n’a même pas de cornes au-dessus des yeux. Une parenté étroite, donc, mais peu de ressemblance au premier coup d’œil.

On compare le plus souvent le tricératops au Torosaurus, dont la collerette est percée de grandes ouvertures. En 2010, on a suggéré que le Torosaurus n’était qu’un tricératops très âgé. L’hypothèse n’a pas résisté : en 2022, on a décrit des restes de Torosaurus pas encore adultes, et un jeune ne peut pas en être au « stade du vieillard ». On les considère aujourd’hui comme deux genres distincts. La question était légitime pourtant, car les os des dinosaures changeaient beaucoup avec l’âge.

Questions et réponses

À quoi servaient les cornes du tricératops ?

Probablement à plusieurs choses à la fois : tenir les prédateurs à distance et régler ses différends avec ses congénères. Laquelle primait, on ne le sait pas encore.

Vivait-il à la même époque que le stégosaure ?

Non. Le stégosaure vivait au Jurassique supérieur, le tricératops à la toute fin du Crétacé. Des dizaines de millions d’années les séparent.

Tricératops et Torosaurus, est-ce le même animal ?

D’après les données actuelles, non : ce sont deux genres différents. L’hypothèse de 2010, qui voyait dans le Torosaurus un tricératops vieillissant, n’a pas été confirmée par les travaux suivants.

Pouvait-il se défendre contre un tyrannosaure ?

Il le pouvait. Avec sa taille et ses cornes, un tricératops adulte était une proie dangereuse, mais personne n’aurait pu prédire l’issue d’une telle rencontre.

Espèces citées dans cet article

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